Heures supplémentaires : de +25 % à +100 % sur votre taux horaire
Travailler au-delà de la durée normale — 44 heures par semaine ou 2 288 heures par an dans le secteur non agricole — ouvre droit à une majoration de salaire obligatoire : +25 % pour les heures effectuées le jour (entre 6 h et 21 h), +50 % la nuit (entre 21 h et 6 h). Et si ces heures tombent votre jour de repos hebdomadaire, les taux montent à 50 % et 100 % — repos compensateur ou pas.
Les quatre taux de majoration
| Moment | Jour ouvrable | Jour de repos hebdomadaire |
|---|---|---|
| Le jour (entre 6 h et 21 h) | + 25 % | + 50 % |
| La nuit (entre 21 h et 6 h) | + 50 % | + 100 % |
Un détail que beaucoup de fiches de paie ratent : la loi parle du jour de repos hebdomadaire du salarié, pas du dimanche ni des jours fériés. Si votre repos est le vendredi, c'est le vendredi que la majoration double. Les jours fériés obéissent à d'autres articles du Code — mieux vaut ne pas mélanger les deux régimes.
Le calcul, pas à pas
Le point de départ est votre taux horaire. Pour un salarié mensualisé à temps plein non agricole, la référence est de 191 heures par mois : avec un salaire de 5 000 DH, le taux horaire ressort à 26,18 DH. 10 heures supplémentaires de jour en semaine donnent donc 10 × 26,18 DH × 1,25 ≈ 327 DH, à verser avec le salaire du mois (art. 198).
Attention à l'assiette : la majoration se calcule sur le salaire et ses accessoires — primes et gratifications comprises — hors allocations familiales, pourboires et remboursements de frais (art. 202). Ces heures majorées sont ensuite soumises aux cotisations et à l'impôt comme le reste de la paie : pour voir ce qu'il en reste en net, passez par le simulateur brut → net.
Qui décide des heures supplémentaires ?
Le Code les réserve à deux situations : les travaux d'intérêt national et les surcroîts exceptionnels de travail (art. 196), dans des conditions fixées par le décret n° 2-04-570. Elles restent à l'initiative de l'employeur — mais dès qu'elles sont effectuées, l'indemnisation majorée est due, quel que soit le mode de rémunération du salarié. Le défaut de paiement ou une majoration sous les taux légaux est passible d'amende, appliquée autant de fois qu'il y a de salariés concernés (art. 203).
Côté employeur, ces majorations pèsent sur le budget : une heure sup coûte le taux majoré plus les charges patronales — le calculateur du coût employeur donne l'ordre de grandeur. Et si les heures sup sont récurrentes au point de gonfler durablement la paie, rappelez-vous qu'elles comptent aussi dans la base de la prime d'ancienneté et du solde de tout compte en fin de contrat.