Calculez un partage d'héritage selon le droit marocain
Enfants et petits-enfants
Fils
Filles
Enfants décédés avant le défunt, laissant des enfants
Les petits-enfants par un fils ou une fille prédécédés reçoivent un testament obligatoire, dans la limite du tiers (art. 369 à 372)
Père et mère
Grands-parents
Frères et sœurs
Frères de même père et mère
Sœurs de même père et mère
Frères de père uniquement (demi-frères)
Sœurs de père uniquement
Frères de mère uniquement (demi-frères)
Sœurs de mère uniquement
Parents plus éloignés : neveux et oncles
Neveux : fils du frère de même père et mère
Neveux : fils du frère de père uniquement
Oncles : frères du père, de même père et mère
Oncles : frères du père, de père uniquement
Cousins : fils de l'oncle de même père et mère
Cousins : fils de l'oncle de père uniquement
Valeur de la succession (facultatif)
Saisissez la valeur de la succession pour afficher les montants en dirhams, ou laissez vide pour les parts seules. Sont déduits d'abord les frais funéraires, puis les dettes, puis le legs — l'ordre de l'article 322.
Valeur de la succession
Frais funéraires
Dettes du défunt
Legs volontaire (wasiyya)
Au-delà du tiers du disponible, il ne vaut qu'avec l'accord des héritiers (art. 300 et 301)
Résultat du partage
| Héritier | Part |
|---|---|
Épouses part fixe (fard) · art. 344 | le huitième (1/8) 12,5 % |
Fils héritier universel (taʿsīb) · art. 349, 351 | 7/12 58,3 % |
Filles héritier universel (taʿsīb) · art. 349, 351 | 7/24 29,2 % |
Partage indicatif, non opposable, selon le Code de la famille (loi 70.03). L'acte d'hérédité et le partage relèvent des adouls et du tribunal. Les cas particuliers — enfant conçu, disparu, doubles générations de petits-enfants — sortent du périmètre de cet outil : consultez un adoul.
Au Maroc, une succession ne se règle ni par le Code civil français ni par des règles générales de fiqh trouvées en ligne : elle suit un texte unique, le Livre VI du Code de la famille (loi 70.03), codification marocaine du rite malékite, articles 321 à 395 — présenté en entier dans notre guide de la loi sur l'héritage au Maroc. Ce calculateur n’applique que ce texte — chaque part affichée cite l’article qui la fonde, pour que vous puissiez vérifier, ou faire vérifier par votre adoul.
Ce que les calculateurs génériques ratent
Les outils qui dominent les résultats de recherche appliquent un fiqh générique ou des lois d’autres pays. Or la Moudawana a fait des choix propres. Le radd d’abord : s’il reste un reliquat et aucun héritier universel, il retourne aux héritiers à part fixe, et le Trésor public ne vient qu’à défaut de tout héritier (article 349) — le conjoint seul héritier reprend ainsi tout ; en présence d’autres héritiers à part fixe, il s’en tient à sa part, le rite malékite comblant le silence du texte (article 400). Le testament obligatoire ensuite : depuis 2004, les enfants d’une fille prédécédée y ont droit comme ceux d’un fils. Les cas particuliers enfin — gharrāwayn, akdariya, mushtaraka, muʿādda — sont codifiés avec leur solution chiffrée (articles 360 à 368), que le moteur de ce site rejoue à l’identique dans ses tests.
L’ordre de liquidation d’abord, le partage ensuite
Avant toute répartition, l’article 322 impose un ordre : droits attachés aux biens, frais funéraires, dettes du défunt, legs dans la limite du tiers, et héritage en dernier. C’est pourquoi le calculateur comporte des champs dettes et legs : renseignez-les et ils seront déduits avant les parts, comme le ferait le tribunal. Le détail des étapes — de l’acte d’hérédité aux formalités bancaires et foncières — est dans le guide du partage étape par étape.
Qui hérite, qui est écarté ?
Le texte distingue les héritiers à part fixe (moitié, quart, huitième, deux tiers, tiers, sixième — article 341) et les héritiers universels, servis dans l’ordre : descendance, père, grand-père et frères, neveux, oncles (article 349). S’y ajoutent les règles d’exclusion et d’empêchement : le fils écarte le petit-fils, le père écarte les frères, l’auteur d’un homicide volontaire n’hérite pas, et il n’y a pas de succession entre un musulman et un non-musulman (articles 332, 333 et 358). Le calculateur affiche les héritiers écartés et l’article qui les écarte, au lieu de les faire disparaître en silence.
Les limites assumées de l’outil
Enfant conçu non encore né, disparu, doubles générations de petits-enfants, legs concurrents : la loi les prévoit, mais ils exigent l’appréciation d’un juge ou d’un adoul — nous les avons volontairement laissés hors du calculateur plutôt que de risquer une réponse fausse. Le résultat est indicatif et non opposable : seuls l’acte d’hérédité adoulaire et le jugement font foi. Et si le patrimoine du défunt devait la zakat, elle se règle comme une dette — voyez le calculateur de zakat.
Questions fréquentes
Comment se calcule un héritage au Maroc ?
Dans l’ordre fixé par l’article 322 du Code de la famille : on déduit d’abord les droits grevant les biens eux-mêmes, puis les frais funéraires, puis les dettes du défunt, puis le legs valable dans la limite du tiers — et seul le reste se partage entre héritiers, par parts fixes (fards) et par héritiers universels (taʿsīb). Le calculateur ci-dessus suit exactement cet ordre.
Quelle est la part de la veuve au Maroc ?
Un huitième si le défunt laisse des enfants ou petits-enfants héritiers, un quart sinon (articles 343 et 344) ; plusieurs épouses se partagent cette même part. Exemple calculé par le moteur : un homme laisse une épouse, deux fils et une fille — l’épouse reçoit 1/8 (12,5 %), chaque fils 7/20 (35 %), la fille 7/40 (17,5 %).
Que se passe-t-il s’il n’y a qu’un seul héritier ?
Particularité marocaine : l’article 349 organise le « radd » — le reliquat retourne aux héritiers à part fixe, et le Trésor public (Bayt al-Mal) ne recueille la succession qu’à défaut de tout héritier. Une veuve seule héritière reçoit donc 1/1 (100 %) : son fard, puis le retour du reste. En présence d’autres héritiers à part fixe, le conjoint s’en tient en revanche à sa part (articles 349 et 400).
Les petits-enfants héritent-ils quand leur père ou leur mère est décédé avant ?
Ils n’héritent pas en concours avec leurs oncles, mais la Moudawana leur impose un « testament obligatoire » (wasiyya wājiba, articles 369 à 372) : la part que leur parent prédécédé aurait reçue, plafonnée au tiers — et depuis 2004, cela vaut pour les enfants d’une fille prédécédée comme d’un fils. Exemple calculé : un fils vivant et une fille prédécédée laissant un garçon et une fille — la branche de la fille reçoit 1/3 (33,3 %).
La loi sur l’héritage a-t-elle changé en 2025 ou 2026 ?
Non. La réforme du Code de la famille est toujours dans le circuit législatif et n’a pas été publiée au Bulletin officiel : le droit applicable reste la loi 70.03 telle quelle. Tout ce qui circule sur un « nouveau droit des successions » reste au stade de proposition. Cette page applique le texte en vigueur, et sera mise à jour le jour où il changera.
Un héritage au Maroc concerne-t-il aussi les MRE ?
Oui : les biens situés au Maroc d’un défunt marocain se transmettent selon la Moudawana, quel que soit le pays de résidence. La pièce maîtresse est l’acte d’hérédité (ʿaqd al-irātha) dressé par deux adouls, qui liste les héritiers et leurs parts — les banques et la conservation foncière l’exigent avant tout transfert.
Sources officielles
- Code de la famille, loi n° 70.03 promulguée par le dahir n° 1.04.22 du 3 février 2004, Livre VI (successions), articles 321 à 395 — version consolidée au 29 juillet 2021, publications de la Cour constitutionnelle
- Portail juridique du ministère de la Justice (adala.justice.gov.ma), matière familiale
Dernière mise à jour :
Comment nous vérifions ces chiffres
Estimation indicative, non opposable.