Trois lignes qui font tout le document
Une reconnaissance de dette solide tient en trois éléments : qui
doit combien à qui (identités complètes et montant écrit en chiffres et en
toutes lettres), pourquoi (la cause : prêt remis en
espèces, solde d'un prix de vente…), et quand et comment ce sera
remboursé. Le générateur assemble ces éléments dans les formes attendues ; le corps
du texte peut être tapé — la loi l'admet expressément —, mais la signature doit être de la
propre main du débiteur, au bas de l'acte (art. 426 du DOC). Un point n'est pas négociable :
si le débiteur ne sait pas lire ou écrire, l'acte sous
seing privé ne vaut rien (art. 427) — direction le notaire ou l'adoul, pas l'imprimante.
Au-delà de 10 000 DH, l'écrit n'est plus un conseil
Beaucoup de prêts entre proches se font sur parole. Le droit marocain, lui, fixe une limite
nette : au-delà de 10 000 dirhams, une convention ne se
prouve pas par témoins — il faut un écrit, papier ou électronique (art. 443 du DOC). Et même
sous ce seuil, le témoignage ne peut rien contre un écrit existant (art. 444).
Autrement dit : sans reconnaissance de dette, le prêteur d'une somme importante n'a
juridiquement presque rien. La légalisation
de la signature à la commune n'est pas une condition de validité, mais elle date l'acte
de façon certaine (art. 425) et ferme d'avance la porte au « ce n'est pas ma signature ».
L'écrit protège aussi au-delà de la vie du débiteur : dans une succession, les dettes du
défunt se paient avant tout partage entre héritiers (art. 322 du Code de la
famille) — mais encore faut-il pouvoir les prouver. Une créance documentée survit ; une
parole donnée meurt avec son témoin. Voyez comment un
partage de succession traite les dettes.
Ce qui change le 24 août 2026
Le nouveau code de procédure civile (loi 58.25, publiée au Bulletin officiel du 23 février
2026) entre en vigueur le 24 août 2026 — et il change
concrètement le rapport de force autour de ce document. Nier sa signature de mauvaise foi
coûtera une amende civile de 10 000 à 20 000 DH
(contre 100 à 300 DH dans l'ancien code), la vérification d'écritures couvre désormais aussi
l'empreinte digitale, et le créancier dispose d'une action nouvelle : faire reconnaître en
justice qu'un écrit émane bien de son débiteur, avant même de réclamer le paiement — le
silence du débiteur convoqué vaut reconnaissance (art. 159). Un document bien rédigé
aujourd'hui pèsera donc encore plus lourd demain.