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Convention de stage : le seul filet de sécurité du stagiaire étudiant

Il n'existe aucune loi marocaine du stage étudiant. Le Code du travail régit les salariés ; le dahir 1-93-16 régit les stages de formation-insertion passés par l'ANAPEC ; entre les deux, le stage de fin d'études, le stage d'initiation et le stage d'observation ne relèvent d'aucun texte. Tout ce que le stagiaire peut exiger — encadrement, attestation, couverture — tient dans un seul document : la convention de stage signée avant le premier jour.

Trois signatures, deux encadrants, un statut

La convention de stage est tripartite : l'étudiant, son établissement et l'organisme d'accueil. Les modèles des universités publiques — chaque établissement publie le sien, il n'existe pas de modèle national — s'accordent sur l'essentiel : l'objet pédagogique du stage (souvent obligatoire pour l'obtention du diplôme), le lieu et les dates, la désignation d'un encadrant dans chaque camp, et une série de clauses de statut. La plus importante tient en une phrase : le stagiaire n'est lié par aucun contrat de travail à l'organisme d'accueil et demeure étudiant de son établissement. C'est ce qui le distingue radicalement du bénéficiaire d'un contrat Idmaj, dont le contrat est visé par l'administration et encadré par une loi — récemment réformée par la loi 51.25.

Les trois clauses à lire avant de signer

D'abord l'assurance : les conventions types mettent la couverture des accidents à la charge de l'étudiant, qui s'engage à souscrire une assurance individuelle. Une clause qu'on signe distraitement à 20 ans, et qu'on relit très attentivement le jour où il y a un accident de trajet. Ensuite la gratification : le stagiaire étudiant ne peut pas prétendre à une rémunération, mais rien n'interdit à l'entreprise de verser une gratification — si elle est promise oralement, faites-la écrire. Enfin la fin de stage : la bonne convention précise ce que l'organisme remet au stagiaire — une attestation de stage et une fiche d'évaluation — et ce que le stagiaire doit rendre en échange (rapport, matériel, confidentialité).

Convention absente, floue ou non respectée : que faire ?

Si l'organisme d'accueil refuse de signer une convention, c'est un signal — soit le « stage » est en réalité un emploi déguisé, soit personne n'assumera rien en cas de problème. Passez par le service des stages de votre établissement : c'est lui qui détient le modèle et le tampon. Si la convention est signée mais que l'attestation promise n'arrive pas, appuyez-vous sur sa clause de fin de stage et faites intervenir l'encadrant côté établissement — l'organisme d'accueil tient à sa relation avec l'école plus qu'à un différend avec un stagiaire. Et si votre stage est un stage ANAPEC, changez de registre : l'attestation de fin de stage y est une obligation légale de l'employeur, pas une clause.

Questions fréquentes

La convention de stage est-elle obligatoire ?

Aucune loi marocaine ne l'impose pour un stage étudiant — mais l'établissement, lui, l'exige presque toujours, car c'est elle qui couvre l'étudiant pendant le stage. Sans convention, le stagiaire n'a ni statut, ni assurance, ni base pour réclamer quoi que ce soit : ne commencez jamais un stage sans l'avoir signée.

Qui signe la convention ?

Trois parties : l'étudiant, l'établissement d'enseignement et l'organisme d'accueil. Les modèles des universités publiques prévoient aussi deux encadrants nommés — un enseignant côté établissement, un responsable côté entreprise. C'est ce trio de signatures qui fait de la convention un engagement réciproque, pas une formalité.

Un stagiaire étudiant peut-il être payé ?

La convention type des universités publiques le dit clairement : le stagiaire ne peut pas prétendre à une rémunération, mais il peut recevoir une gratification. Elle reste facultative pour un stage étudiant. Le stage rémunéré encadré par la loi, c'est l'autre régime : le contrat de formation-insertion (Idmaj), avec une indemnité fixée par les textes.

Le stagiaire est-il un salarié ?

Non, et les conventions le stipulent expressément : aucun contrat de travail ne lie le stagiaire à l'organisme d'accueil, et il demeure étudiant de son établissement pendant toute la durée du stage. Conséquence pratique : pas de bulletin de paie ni de certificat de travail — le document de fin de stage est l'attestation de stage.

Et l'assurance en cas d'accident ?

C'est le point que presque tous les stagiaires découvrent trop tard : la convention type des universités publiques met l'assurance à la charge de l'étudiant, qui « s'engage à se couvrir par un contrat d'assurance individuelle ». Vérifiez cette clause avant de signer, et si elle figure, souscrivez réellement la couverture — un accident de trajet n'attend pas la fin du PFE.

Que doit-il se passer à la fin du stage ?

Ce que la convention prévoit — en général la remise d'une attestation de stage et d'une fiche d'évaluation par l'organisme d'accueil, souvent conditionnées au respect des obligations du stagiaire (rapport, restitution du matériel). Réclamez l'attestation le dernier jour, signée et cachetée : elle est la seule trace officielle de votre expérience.

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Sources officielles

  • Convention de stage type d'une université publique (FST de Marrakech, Université Cadi Ayyad) — 13 articles lus intégralement le 19 août 2026
  • Dahir portant loi n° 1-93-16 du 23 mars 1993 relatif à la formation-insertion (le régime distinct du stage Idmaj), BO n° 4220 du 15/09/1993
  • Loi n° 51.25 modifiant le dahir 1-93-16, Bulletin officiel (éd. arabe) n° 7533 du 10 août 2026

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