Deux stages, deux régimes — et un seul a une loi
Au Maroc, « stage » recouvre deux réalités que tout distingue. Le
stage de formation-insertion (le
contrat Idmaj de l'ANAPEC) est encadré par le dahir
portant loi 1-93-16 : contrat visé par l'administration, durée limitée, et une obligation
nette à l'art. 8 — l'employeur doit délivrer une attestation de
fin de stage, y compris s'il embauche le stagiaire avant le terme. Le
stage étudiant (PFE, stage d'initiation), lui, n'a
aucune loi propre : tout repose sur la convention
de stage signée avec l'établissement, qui prévoit en général la remise d'une attestation
et d'une fiche d'évaluation en fin de stage. Savoir de quel côté vous êtes, c'est savoir si
l'attestation est un droit ou une clause.
Ce que la réforme d'août 2026 a changé
La loi 51.25, publiée au Bulletin officiel le 10 août 2026,
a réécrit le dispositif Idmaj : la durée du stage passe à
douze mois non renouvelables, le dispositif s'ouvre aux
candidats sans diplôme inscrits à l'ANAPEC, et l'attestation de fin de stage doit désormais
faire état, outre la durée et la nature des travaux exécutés, des
compétences acquises par le stagiaire — c'est précisément
le champ « objet du stage » du générateur ci-dessus. Un détail qui n'en est pas un : une
attestation qui décrit des compétences se lit comme une recommandation, pas comme un reçu.
Les pièges à éviter
Premier piège : accepter une attestation sans dates précises
ni description des missions — elle ne prouvera ni la durée d'expérience ni son contenu, là où
un recruteur ou un concours public les exigera. Deuxième piège :
confondre les documents. Un stagiaire reçoit une attestation de stage ; un salarié, même en
période d'essai, a droit au certificat de
travail de l'art. 72 du Code du travail, délivré sous huit jours. Troisième piège : la
demander trop tard. Réclamez l'attestation le dernier jour du stage, signature et
cachet compris — une entreprise qui a réorganisé son service six mois plus tard mettra
beaucoup plus de temps à la produire.