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Déclarer une naissance : trente jours, comptés à partir du lendemain

La naissance se déclare dans les trente jours, et le décompte commence le lendemain de la naissance. C'est le décret d'application de la loi 36.21 qui le dit, et cette précision d'un jour n'est pas une coquetterie : elle décale toute la fin du délai. Pour les Marocains résidant à l'étranger, ce délai est porté à un an.

Comment le délai se compte, exactement

Trois règles, écrites noir sur blanc dans le décret :

  • le délai de trente jours part du jour qui suit la naissance (ou le décès) ;
  • il est porté à un an pour les naissances et les décès des Marocains résidant à l'étranger ;
  • pour une naissance ou un décès survenu au cours d'un voyage aérien ou maritime, le délai est compté à partir du lendemain de l'arrivée au premier aéroport ou au premier port.

Et si le dernier jour tombe un jour férié, le délai est prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant. Un délai qui expire un jour de fête ne vous fait donc pas basculer dans le retard.

Remarquez que le décret traite les naissances et les décès dans les mêmes termes : le point de départ, l'allongement pour les Marocains de l'étranger et la règle du voyage valent pour les uns comme pour les autres. Si c'est un décès que vous avez à déclarer, notre guide de l'acte de décès détaille les pièces et les trois documents à ne pas confondre.

Déclaration initiale, puis déclaration complétée

Le vocabulaire du texte éclaire une étape que beaucoup de parents découvrent au guichet : il existe une déclaration initiale de naissance, que le déclarant doit ensuite compléter et signer. La signature peut être électronique ou simple ; et si le déclarant ne peut pas signer, mention en est faite et l'officier d'état civil signe seul.

Autrement dit, l'attestation remise à la maternité n'est pas la fin du parcours : tant que la déclaration n'est pas complétée dans le délai, l'acte n'existe pas au registre national — et sans acte, pas de copie d'acte de naissance à joindre aux dossiers.

Le prénom : ce qui se passe en cas de désaccord

Si l'officier d'état civil estime que le prénom choisi ne remplit pas les critères de la loi et que le déclarant maintient son choix, la procédure ne s'arrête pas là : la déclaration est reçue à titre provisoire, et la question est soumise à la commission supérieure de l'état civil, qui statue par une décision motivée, notifiée à l'officier via le système numérique, à charge pour lui d'en informer l'intéressé.

La même commission connaît des noms de famille choisis pour la première fois, et des demandes de changement de nom — voyez notre guide de l'état civil.

Pourquoi ces trente jours pèsent si lourd

Un enfant sans acte de naissance est un enfant sans dossier. L'acte est la pièce d'identité de ceux qui n'ont pas encore de carte nationale : il sert à l'inscription scolaire, il est exigé — de moins de trois mois — pour le passeport d'un enfant de moins de douze ans, et il identifie les enfants au registre national de la population, porte d'entrée des aides sociales.

C'est la raison pour laquelle il vaut mieux traiter la déclaration comme la première formalité de la vie de l'enfant, et non comme une démarche que l'on remet à plus tard. Le jour où le délai est dépassé, la question ne se règle plus au guichet en cinq minutes.

Et le décès ?

Le même article du décret traite les deux événements ensemble : la déclaration de décès obéit au même délai de trente jours à compter du lendemain, avec la même prorogation d'un an pour les Marocains de l'étranger. À noter, une règle qui vise cette fois l'administration et non l'usager : l'officier d'état civil procède à l'inscription du décès dans un délai de soixante jours à compter du lendemain du décès.

Questions fréquentes

Quel est le délai pour déclarer une naissance au Maroc ?

Trente jours, et le décret d'application de la loi 36.21 précise que ce délai commence à courir le lendemain de la naissance — pas le jour même. Si le dernier jour tombe un jour férié, le délai est prorogé jusqu'au premier jour ouvrable qui suit.

Et pour un enfant né à l'étranger ?

Le délai est porté à un an pour les naissances et les décès des Marocains résidant à l'étranger. La déclaration se fait auprès du bureau d'état civil de la mission diplomatique ou du consulat, relié à la plateforme nationale.

Un enfant né pendant un vol ou une traversée, comment fait-on ?

Le décret prévoit ce cas : pour les naissances et les décès de Marocains survenus au cours d'un voyage aérien ou maritime, le délai est compté à partir du lendemain de la date d'arrivée au premier aéroport ou au premier port.

Qui signe la déclaration ?

Le déclarant complète la déclaration initiale de naissance et la signe, électroniquement ou de façon simple. S'il ne peut pas signer, mention en est faite et l'officier d'état civil signe seul — la déclaration n'est pas bloquée pour autant.

Le prénom choisi peut-il être refusé ?

Oui, si l'officier estime qu'il ne remplit pas les critères fixés par la loi. Si le déclarant maintient son choix, l'officier reçoit la déclaration à titre provisoire et soumet la question à la commission supérieure de l'état civil, qui rend une décision motivée d'acceptation ou de refus, transmise via le système numérique.

Le délai est passé, que faire ?

Ne restez pas sans rien faire et présentez-vous au bureau d'état civil : au-delà du délai, l'inscription ne relève plus de la simple déclaration au guichet, et c'est le bureau qui vous indiquera la marche à suivre. Plus l'enfant grandit sans acte, plus les dossiers se bloquent — inscription scolaire, aide sociale, passeport.

Sources officielles

  • Décret n° 2.22.04 du 22 juin 2023 pris pour l'application de la loi n° 36.21 relative à l'état civil, articles 27, 33 et 40 — Bulletin officiel n° 7210 du 6 juillet 2023
  • Loi n° 36.21 relative à l'état civil (articles 21, 31, 39 et 40), promulguée par le dahir n° 1.21.81 du 14 juillet 2021

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