Contraventions et délits routiers : la frontière qui change tout
Toute la matière répressive du code de la route tient dans une frontière : d'un côté, ce qui se paie ; de l'autre, ce qui se juge. La contravention s'éteint par une amende forfaitaire au montant connu d'avance, réglable en ligne. Le délit, lui, passe devant le tribunal, qui fixe l'amende dans une fourchette et peut suspendre le permis. Savoir de quel côté vous êtes détermine tout : le montant, la procédure, les délais — et ce que vous risquez vraiment.
La contravention : un barème, trois délais, un point final
Pour les infractions constatées par les radars automatisés, la loi a organisé un circuit sans juge : l'amende transactionnelle et forfaitaire (ATF). Son principe est contractuel — vous payez, l'action publique s'éteint. Son montant est fixé d'avance par un barème, avec trois paliers selon la date de paiement : minoré sous 24 heures, intermédiaire sous 15 jours, plein sous 30 jours. Notre calculateur d'amende radar déplie ce barème ligne par ligne, points compris.
Ce circuit a une sortie de secours et une trappe. La sortie : dans le même délai de 30 jours, vous pouvez déclarer le conducteur ou déposer une réclamation au lieu de payer. La trappe : ne rien faire. Passé 30 jours sans paiement, sans déclaration et sans réclamation, le procès-verbal est transmis au tribunal — une simple contravention emprunte alors le chemin procédural d'un contentieux.
Le délit : quand le tribunal remplace le barème
Certains comportements sont jugés trop graves pour le circuit forfaitaire. Le cas le plus net, et le seul dont le portail officiel publie les chiffres, est le grand excès de vitesse : au-delà de 50 km/h au-dessus de la limite, l'amende n'est plus un forfait mais une fourchette — de 4 000 DH à 8 000 DH — arrêtée par le juge, assortie d'un retrait de 6 points et d'une suspension du permis de 1 à 3 mois.
La différence n'est pas que financière. Un délit suppose une convocation, une audience, un jugement ; il laisse une trace judiciaire ; et la suspension du permis frappe votre mobilité pendant des mois. Aucun simulateur ne peut vous dire « combien » — et c'est précisément le signe que vous êtes sortis du barème.
Les autres délits routiers : ce que nous ne chiffrons pas, et pourquoi
La loi 52-05 érige d'autres comportements en délits — conduite sous l'emprise de l'alcool, refus de se soumettre au dépistage, délit de fuite après un accident. Les tableaux de peines « complets » qui circulent en PDF mélangent souvent des versions successives du texte : nous préférons ne publier aucun montant que nous n'ayons lu dans une source officielle en vigueur. Pour ces cas, la référence est le texte consolidé de la loi 52-05 publié par le SGG — et, si vous êtes concernés, un avocat plutôt qu'un forum.
Le réflexe pratique, dans les deux cas
Contravention ou délit, tout commence par la même question : que dit votre dossier ? La plateforme officielle de la NARSA affiche vos infractions, la photo du radar, l'état de chaque affaire — y compris « transmis au tribunal » — et votre solde de points. L'accès passe par un compte personnel, expliqué dans notre guide Mokhalafat. Consulter tôt, c'est garder le choix : payer au tarif minoré, contester dans les délais, ou préparer sa défense en connaissance de cause.