Zakat de l'or : les bijoux que l'on porte sont-ils concernés ?
Qui cherche « zakat de l'or » cherche le plus souvent la réponse à une seule question : les bijoux d'une femme sont-ils soumis à la zakat ? Dans la référence marocaine, la réponse est brève et nette : non.
Le texte : pas de zakat sur ce qui est détenu pour la parure
La fatwa du Conseil supérieur des Oulémas énonce, dans son dernier paragraphe, qu'« il n'y a pas de zakat sur les objets détenus pour la parure, bijoux et assimilés ». Bague, chaîne, bracelet, boucles d'oreilles : dès lors qu'ils sont portés, ils ne constituent pas une assiette de zakat — quel que soit leur poids.
C'est un point sur lequel les écoles divergent de longue date, et vous trouverez en ligne des avis contraires. La référence au Maroc est celle de cette fatwa, émise sur ordre d'Amir Al-Mouminine et fondée pour l'essentiel sur le madhab malékite. C'est là toute la différence avec la plupart des pages publiées sur le sujet : la source est marocaine et citée, pas reprise d'un autre pays.
Une exception : la vente
La fatwa ajoute, dans la même phrase : « s'ils sont vendus, la zakat est due dès lors que leur prix atteint le nisab et qu'une année s'est écoulée sur lui ». Un bijou vendu devient de l'argent comme un autre : il s'ajoute à ce que vous détenez, et si le total atteint le nisab et qu'une année lunaire s'écoule, le quart du dixième est dû. Ce qui est visé, c'est le produit de la vente, pas l'objet.
Que reste-t-il, alors, dans la « zakat de l'or » ?
Trois cas, tous relatifs à un or qui n'est pas détenu pour la parure :
- L'or d'épargne — lingots, pièces, monnaies conservés comme réserve de valeur. Il se valorise au cours du marché et s'ajoute au reste de vos biens dans le nisab monétaire.
- L'or de commerce — celui qui est destiné à la vente. Il relève des marchandises : quart du dixième sur la valeur, après déduction des frais de gestion, comme l'énonce la fatwa au chapitre du commerce.
- Le prix d'un bijou vendu — le cas précédent.
Dans ces trois situations, le seuil est celui de l'or : 85 g. Sa contre-valeur en dirhams suit le cours — à celui retenu par la fatwa le jour de sa publication (800 DH / g), le nisab valait 68 000 DH, un chiffre daté qui ne vaut pas pour aujourd'hui. Notre page sur le nisab détaille cette règle.
Rappelons enfin que la fatwa propose l'évaluation sur l'argent plutôt que sur l'or, tout en laissant chacun libre de retenir l'or. Si vous détenez de l'or d'épargne en plus d'autres biens, le calculateur vous montre les deux cas.
Et l'or 18 carats ?
La question revient souvent dans les recherches, et nous y répondons par ce que nous savons, non par ce que nous supposons.
La fatwa ne traite pas des titres. Elle fixe le nisab au poids d'or, sans détailler les degrés de pureté ni poser de règle de conversion d'un carat à l'autre. Nous n'allons pas inventer cette règle pour ensuite l'attribuer au Conseil : c'est le genre de point sur lequel se fonde un jugement religieux, et il ne s'estime pas au jugé.
En pratique, l'essentiel de l'or 18 carats vendu au Maroc est un bijou que l'on porte — et il n'y a alors pas de zakat du tout : la question se dissout. Si ce que vous détenez dans ce titre est en revanche de l'épargne ou de la marchandise, l'interlocuteur est le Conseil supérieur des Oulémas lui-même : il a ouvert, avec cette fatwa, un service de questions par écrit ou par message vocal, et a précisé qu'il resterait en veille sur le sujet, dans un effort d'interprétation ouvert.
En résumé
| Situation | Zakat ? |
|---|---|
| Bijou porté, détenu pour la parure | Non |
| Prix d'un bijou vendu | Oui, s'il atteint le nisab et qu'une année s'écoule |
| Lingots et or d'épargne | Oui, dans le nisab monétaire |
| Or destiné au commerce | Oui, sur la valeur après déduction des frais |
Pour chiffrer le montant, saisissez le poids et le cours dans le calculateur de zakat. C'est un outil d'estimation : il ne remplace pas l'avis d'un ouléma.