Concours de la Sûreté nationale : ce que publie le portail officiel
Les concours de la Sûreté nationale se déposent sur un portail dédié, concours.dgsn.gov.ma, tenu par la direction des ressources humaines de la DGSN — et une règle y domine toutes les autres : un seul dossier de candidature, un seul concours. Elle est affichée en tête de chaque fiche de grade, et elle change complètement la façon de préparer sa candidature.
La règle du dossier unique
Le portail l'écrit ainsi : « لا يقبل سوى ملف ترشيح واحد (يمكن الترشح لمباراة واحدة فقط) » — un seul dossier de candidature est accepté, il n'est possible de concourir que pour un seul concours.
Conséquence concrète : la stratégie du « je postule partout, on verra bien » ne fonctionne pas ici. Le choix du grade se fait avant de remplir le formulaire, en confrontant honnêtement son diplôme, son âge et sa taille aux conditions publiées. Se tromper de grade, c'est perdre une campagne entière.
Les conditions, grade par grade
Le portail publie une fiche par grade, avec les conditions d'accès, les épreuves et un lien vers l'arrêté qui organise le concours. Voici ce qu'affichaient, au 1er août 2026, les deux fiches les plus consultées.
Gardiens de la paix (حراس الأمن) : âge compris entre 21 et 30 ans à la date du concours ; taille d'au moins 1,73 m pour les candidats masculins et 1,67 m pour les candidates ; baccalauréat ou diplôme reconnu équivalent.
Inspecteurs de police (مفتشي الشرطة) : âge compris entre 21 et 30 ans à la date du concours ; taille d'au moins 1,70 m pour les candidats masculins et 1,67 m pour les candidates ; deux semestres validés au moins d'études universitaires générales ou professionnelles, ou équivalent.
Ces conditions renvoient à deux textes : l'article 21 du statut général de la fonction publique pour les conditions générales, et l'article 18 du décret n° 2.19.429 du 24 mai 2019 portant statut particulier des fonctionnaires de la sûreté nationale pour les conditions propres au corps. Le portail précise que le type de diplôme est fixé par l'annonce du concours : les chiffres ci-dessus sont ceux d'une campagne donnée, pas une règle gravée.
Les épreuves : l'oral pèse deux fois plus que l'écrit
C'est le point que la préparation grand public rate le plus souvent. Pour les gardiens de la paix, le portail publie trois épreuves :
- écrit — dissertation sur un sujet d'ordre général ou QCM, en arabe, 1 heure, coefficient 2 ;
- oral — questions de culture générale, 15 minutes, coefficient 4 ;
- physique — course de 1 500 mètres, coefficient 1.
Pour les inspecteurs de police, l'écrit compte deux épreuves d'une heure chacune, coefficient 2 chacune : l'une en arabe, l'autre en français, espagnol ou anglais. L'oral prend la forme d'un entretien avec le jury, éventuellement doublé d'un test pratique dans la spécialité visée, 15 minutes, coefficient 4, et peut se dérouler en arabe, français, espagnol ou anglais. L'épreuve physique reste la course de 1 500 mètres, coefficient 1.
Autrement dit : quinze minutes d'entretien valent deux fois une heure d'écrit. Une préparation qui ignore l'oral se prive de la moitié des points.
Les spécialités, souvent ignorées
Le portail publie une rubrique « التخصصات » qui liste les spécialités de la police nationale : police montée, détection et neutralisation des explosifs, brigades cynotechniques, brigades régionales d'intervention, brigades touristiques, police scientifique et technique, police des frontières, protection rapprochée, circulation routière, armurerie, accueil et écoute des femmes victimes de violence, opérateurs de la salle de commandement et de coordination, ou encore conduite des véhicules de la Sûreté nationale.
Ces spécialités ne sont pas des concours séparés : elles décrivent les affectations possibles après la formation policière, dont le portail détaille le déroulement dans sa rubrique « التكوين الشرطي ». Les connaître aide surtout à préparer l'entretien, où la motivation pour un métier précis se distingue d'une motivation générale.
Déposer et suivre sa demande
Deux rubriques structurent la démarche : « تعبئة طلب التسجيل » pour remplir la demande d'inscription, et « تتبع طلب التسجيل » pour la suivre. Le suivi demande le numéro de la carte nationale d'identité électronique, le code d'inscription délivré au dépôt, et la saisie d'un code de sécurité affiché à l'écran. Un lien « code d'inscription oublié » existe : notez tout de même ce code au moment du dépôt, c'est la clé de tout le suivi.
Le portail met aussi à disposition un guide de remplissage du formulaire et une rubrique de questions-réponses. Ces deux pages valent le détour avant de commencer : la plupart des dossiers rejetés le sont pour une saisie incohérente avec les pièces, pas pour un manque de niveau.
Ce qui n'est pas officiel
Autour de ces concours gravite une industrie de la préparation : applications d'annales, groupes de réseaux sociaux, formations payantes, « fuites » de sujets. Rien de tout cela n'émane de la Sûreté nationale. Le portail publie gratuitement les conditions, les épreuves, les coefficients et les textes juridiques qui les fixent — c'est la seule source qui engage l'administration.
Et comme pour tous les concours publics, l'accès se joue sur le mérite et l'égalité des candidats : personne ne peut vendre une place, et le portail national de l'emploi public relaie également les avis de la DGSN lorsqu'ils sont ouverts.
Les autres corps en uniforme
La Sûreté nationale n'est pas le seul corps à recruter par concours, et les règles diffèrent d'un corps à l'autre — ce qui alimente beaucoup de confusions. La Gendarmerie royale, qui relève de l'Administration de la défense nationale et non de l'Intérieur, publie son avis intégral sur le portail national de l'emploi public, avec des conditions d'âge et de taille qui lui sont propres et un dossier réduit à deux pièces numériques. Les Forces armées royales, elles, ne publient rien sur ce portail : leur propre site est le seul canal. Vérifier de quel corps on parle avant de recopier une condition évite l'essentiel des erreurs.