Concours de l'enseignement : le bon portail, le vrai parcours
Le portail que des milliers de candidats cherchent chaque année, tawdif.men.gov.ma, n'existe plus. Au 2 août 2026, ce nom ne se traduit plus en aucune adresse : ce n'est pas une redirection vers un autre site, c'est une absence complète au niveau des noms de domaine. Le portail en service aujourd'hui est wolouj.men.gov.ma, intitulé « مباريات ولوج سلك تأهيل أطر التدريس بالمراكز الجهوية لمهن التربية والتكوين ».
Pourquoi l'ancien nom continue de circuler
Parce qu'il a été juste. L'avis du ministère pour la session d'avril 2024 écrit noir sur blanc que la candidature et sa validation se font « عبر البوابة الإلكترونية الخاصة بهذه المباراة », et donne l'adresse tawdif. Puis le nom a changé. Les articles écrits à l'époque, eux, n'ont pas changé : ils continuent de trôner dans les résultats de recherche avec en titre le nom d'un portail mort.
Ce n'est pas un détail. Celui qui tape l'ancien nom obtient un message d'erreur, et en conclut que les inscriptions sont fermées ou que son navigateur a un problème. Pire : un nom abandonné est exactement ce qu'achètent les pages d'hameçonnage pour imiter un portail officiel. La seule adresse qui vaille aujourd'hui est wolouj.men.gov.ma.
Le concours n'est pas un recrutement direct
C'est le deuxième malentendu, et il pèse plus lourd que le premier. Le lauréat du concours de l'enseignement n'est pas nommé enseignant le lendemain : il entre au cycle de qualification d'un centre régional des métiers de l'éducation et de la formation.
L'article 38 du décret n° 2.24.140 réserve le recrutement au deuxième grade des cadres enseignants aux « titulaires du certificat de qualification pédagogique délivré par les centres régionaux des métiers de l'éducation et de la formation, auxquels on accède après réussite à un concours ». L'ordre est donc : concours → formation en centre régional → certificat de qualification pédagogique → recrutement. Pour la session d'avril 2024, le ministère avait fixé deux périodes de formation successives, de mai à juillet puis de septembre à novembre.
Et même après le recrutement, l'article 47 prévoit un stage : les lauréats sont nommés stagiaires et ne sont titularisés qu'après une année complète, renouvelable une fois.
Qui recrute réellement
La question revient souvent, et la réponse est à l'article 3 du décret : les fonctionnaires exercent dans les services centraux du ministère, dans les académies régionales d'éducation et de formation, dans leurs directions provinciales, ou dans les établissements d'éducation et de formation. L'article 2 étend ce statut à ceux qui ont été recrutés au titre de la loi n° 07.00, celle qui a créé les académies.
En pratique, l'académie régionale est partie prenante à chaque étape. L'avis de la session d'avril 2024 précise que les dossiers de candidature sont examinés et contrôlés sous la supervision de l'académie régionale d'éducation et de formation, au niveau du centre régional, de ses antennes provinciales et des directions provinciales.
⚠️ Un seul texte de référence, et il a changé : le décret 2.24.140, publié au Bulletin officiel n° 7277 du 26 février 2024, abroge en son article 93 le décret n° 2.23.819 du 6 octobre 2023. Beaucoup d'articles renvoient encore au texte abrogé.
Les conditions, et leur date
Les conditions ne sont pas fixées par le décret mais par l'arrêté du concours : l'article 46 prévoit qu'elles sont arrêtées par l'autorité gouvernementale chargée de l'Éducation nationale, visée par celle chargée de la fonction publique. Autrement dit, elles peuvent changer d'une session à l'autre — ce qui explique à lui seul les contradictions qui circulent.
Voici les conditions telles que le ministère les a publiées dans l'avis de la session d'avril 2024. Nous les datons plutôt que de les présenter comme une règle éternelle :
- être de nationalité marocaine ;
- jouir de ses droits civiques et n'avoir fait l'objet d'aucune condamnation à une peine privative de liberté ;
- remplir la condition d'aptitude physique à exercer les fonctions ;
- ne pas être inscrit au registre central de discipline ;
- n'être lié par aucune relation de travail avec un autre employeur ;
- ne pas dépasser 30 ans à la date du concours ;
- être titulaire de l'un des diplômes nationaux requis ou d'un équivalent.
L'avant-dernier point surprend beaucoup de candidats : dans cette session, un contrat de travail en cours était rédhibitoire.
La présélection, et qui en est dispensé
Tous les candidats ne sont pas logés à la même enseigne. Selon le même avis, sont dispensés de la présélection les titulaires de la licence d'éducation ou d'un équivalent, et les titulaires d'une licence d'une filière universitaire d'éducation ou d'un équivalent. Les titulaires d'une licence générale, d'une licence d'études fondamentales, d'une licence professionnelle ou de l'un des diplômes visés par le décret n° 2.12.90 du 30 avril 2012, eux, y sont soumis.
L'avis prévoit également deux quotas : 25 % des places aux candidats ayant la qualité de résistant, de pupille de la nation, d'ancien combattant ou de militaire, et 7 % aux candidats en situation de handicap.
Trois filières, trois couleurs
Les filières sont au nombre de trois, et le ministère les distingue dans le dossier de candidature par la couleur de la chemise : jaune pour la filière de formation des enseignants du primaire, bleu pour le secondaire collégial, vert pour le secondaire qualifiant. La spécialité, elle, est fixée par l'avis session par session — de l'arabe, du français et de l'anglais aux mathématiques, à la physique-chimie, aux sciences de la vie et de la terre, à l'informatique, à la technologie et à l'éducation physique, en passant par les deux filières du primaire, bilingue et langue amazighe.
Aucune période fixe dans l'année
Autant le dire clairement : les sessions ne reviennent pas au même mois. Celles qui sont officiellement documentées portent les noms de février 2024, avril 2024, octobre 2024, puis novembre 2025, dont les résultats définitifs ont été publiés le 4 janvier 2026 et les listes d'attente en février 2026.
Ce sur quoi on peut compter n'est pas un mois, mais un tempo : environ deux semaines entre l'avis et la clôture des dépôts, puis la présélection, puis l'écrit quelques jours plus tard, puis l'oral, puis les résultats définitifs. Pour la session d'avril 2024, tout le parcours a tenu entre le 29 mars et le 9 mai. Celui qui commence à réunir ses pièces à la parution de l'avis a déjà pris du retard.
Le préscolaire : un tout autre circuit
Une confusion fréquente mérite d'être levée. Le préscolaire n'entre pas dans le circuit des centres régionaux. Le ministère écrit que la gestion des classes de préscolaire « a été confiée aux associations œuvrant dans le secteur, en partenariat avec les académies régionales d'éducation et de formation ».
L'acteur principal est la Fondation marocaine du préscolaire, qui se présente comme une association à but non lucratif, reconnue d'utilité publique depuis décembre 2009. Elle publie ses offres sur son propre portail de recrutement, et des offres d'« éducateur(trice) en préscolaire » apparaissent également à l'ANAPEC, en contrats à durée déterminée. C'est donc un recrutement associatif, pas un concours public : le décret ci-dessus ne le concerne pas, et ces postes n'apparaissent pas sur le portail national de l'emploi public.
Avant l'avis, préparez le dossier
Deux semaines séparent environ l'avis de la clôture des dépôts — une durée qui ne suffit pas à obtenir une copie certifiée conforme en pleine saison. Nos guides couvrent ce qui est le plus souvent demandé : la carte nationale d'identité, l'acte de naissance, le casier judiciaire — réclamé dans les concours de l'enseignement plus que dans d'autres —, et un générateur de demande manuscrite. Le dossier de candidature détaille ce que le texte impose et ce que l'avis peut ajouter.