Concours de la Gendarmerie royale : ce que dit l'avis officiel
« Prendre rendez-vous pour les analyses de la Gendarmerie royale » est l'une des recherches les plus fréquentes des candidats — et la vérité est qu'il n'y a aucun rendez-vous à prendre. L'avis officiel du concours prévoit que les candidats inscrits, sélectionnés par la commission après étude de leurs dossiers, reçoivent un e-mail indiquant le lieu du centre réservé à leur accueil pour subir l'examen médical, les tests psychotechniques et les épreuves sportives.
Pas de plateforme de réservation, pas de numéro à appeler, pas de bureau où se présenter. Le candidat ne demande pas le rendez-vous : c'est l'administration qui le convoque, ou ne le convoque pas. Chercher « comment prendre le rendez-vous », c'est chercher une porte qui n'existe pas — avec le risque d'en trouver une fausse.
Un seul portail, et aucun site institutionnel
La fiche du concours 2026 sur le portail national de l'emploi public indique que le type de dépôt est le « dépôt en ligne sur le site de l'administration », et en donne l'adresse : recrutement.gr.ma, le site de pré-candidature aux concours de la Gendarmerie royale.
Un point mérite d'être dit franchement : il n'existe pas de site institutionnel public de la Gendarmerie royale. Au 2 août 2026, aucune adresse du type gendarmerie.ma ou gr.ma ne servait de site web. La présence officielle en ligne de la Gendarmerie, du point de vue d'un candidat, se limite à ces deux portes : le portail de candidature, et la fiche du concours sur le portail national de l'emploi public.
Ce qui se présente comme « le site officiel de la Gendarmerie royale » ne l'est donc pas.
Les conditions, telles que l'avis 2026 les publie
Reproduites de l'avis signé par la Gendarmerie royale et joint à la fiche du concours, les conditions ouvrent le concours aux candidats :
- célibataires de nationalité marocaine ;
- âgés de 18 ans à 24 ans au 1er septembre 2026 ;
- titulaires du baccalauréat, année 2025 ou 2026, toutes options confondues ;
- aptes physiquement ;
- ayant une taille supérieure ou égale à 1,70 m pour les candidats masculins et 1,68 m pour les candidates ;
- n'ayant pas encouru de condamnation judiciaire.
Trois remarques absentes des articles qui recopient. D'abord la condition de célibat, qui est une condition d'admission et non un détail administratif. Ensuite l'exigence d'un baccalauréat de deux millésimes précis — l'année du concours et la précédente : un titulaire d'un baccalauréat plus ancien n'est pas concerné, quel qu'ait été son parcours depuis. Enfin, ces conditions sont stables dans les faits depuis 2023 : d'une session à l'autre, seuls changent la date de référence du 1er septembre et les deux millésimes du bac.
⚠️ Rappelons que l'avis de la session 2022 comportait une septième condition, disparue depuis : la vaccination contre la covid-19 en trois doses. Qui recopie les conditions de cette année-là recopie une exigence qui n'existe plus.
Deux pièces, et numériques
C'est ici que beaucoup de candidats sont surpris, en particulier ceux qui préparent un épais dossier papier. L'avis ne demande que :
- la carte d'identité nationale recto-verso ;
- une copie intégrale de l'extrait d'acte de naissance.
Deux copies numériques, téléversées lors de l'inscription. Aucun certificat médical à ce stade, aucune photo d'identité, aucun dossier à envoyer par la poste. L'aptitude physique et l'état de santé, eux, sont vérifiés par l'administration elle-même, plus tard, dans le centre où elle vous convoque.
L'avis exige également une adresse e-mail valide : c'est le seul canal de communication, et la perdre revient à perdre la convocation. L'avis 2026 donne une adresse de contact avec la Gendarmerie royale : recrute.gendarmerie@gr.ma.
Pour préparer les deux pièces à l'avance, voyez nos guides carte nationale d'identité et acte de naissance — en prêtant attention au mot « intégrale » : la copie intégrale de l'acte de naissance n'est pas l'extrait.
Trois étapes, dans cet ordre
- La pré-candidature sur
recrutement.gr.ma, dans le délai annoncé ; - la sélection sur dossier par une commission, puis une convocation par e-mail vers un centre pour l'examen médical et les tests psychotechniques et sportifs ;
- les candidats déclarés aptes sont convoqués pour rejoindre les centres de formation de la Gendarmerie royale.
Notez que la première sélection se fait sur dossier, pas sur épreuve. Autrement dit, l'exactitude des informations déclarées à l'inscription est le premier facteur d'élimination.
Quand le concours s'ouvre
Le registre des annonces publiées sur le portail national de l'emploi public couvre la période 2015-2026 et donne un rythme net : une session par an, avec une date limite de dépôt au printemps — entre la mi-avril et la fin mai la plupart des années, avec des exceptions (juillet 2020, juin 2021).
Pour la session 2026 : 1 500 postes, avis publié le 24 mars 2026, épreuve du concours le 1er juillet 2026 — la même date que celle annoncée pour la session 2025.
⚠️ Une contradiction à connaître : la fiche du concours sur le portail donne une date limite au 14 avril 2026, alors que l'avis qui y est joint, signé par la Gendarmerie royale, écrit 15 avril 2026 à 16 heures. Les deux documents sont officiels et se trouvent sur la même plateforme. La règle de prudence : s'en tenir à l'avis signé, et de toute façon ne pas attendre le dernier jour.
Deux grades, pas plus
La nomenclature officielle des grades du portail national de l'emploi public ne connaît, pour le corps de la Gendarmerie royale, que deux grades : élève gendarme et élève gendarme spécialiste. Et d'après le registre des annonces, le grade spécialiste n'a plus été ouvert depuis 2017.
Il n'existe donc pas de grade « technicien spécialisé » à la Gendarmerie royale — les annonces qui portent ce nom relèvent d'administrations entièrement différentes. Le même registre enregistre par ailleurs une annulation officielle de concours, avec le statut « annulé » : même l'annulation est publiée, elle n'est pas laissée à la rumeur.
Le cadre juridique
La Gendarmerie royale a été créée par le dahir n° 1-57-079 du 29 avril 1957, dont l'article premier dispose : « Il est créé une gendarmerie royale. » Son article 2 la définit comme une force publique chargée de veiller à la sûreté publique et d'assurer le maintien de l'ordre et l'exécution des lois, dont l'action s'exerce sur toute l'étendue du territoire et qui est « particulièrement destinée à la sûreté des campagnes et des voies de communication ».
Son statut institutionnel est fixé par l'article 3 du même dahir, et repris par l'article 2 du dahir n° 1-57-280 du 14 janvier 1958 sur le service de la Gendarmerie royale marocaine : la gendarmerie fait partie intégrante des Forces armées royales. Elle est, selon l'article 3 du texte de 1958, placée sous les ordres du ministre de la défense nationale, mais relève également du ministre de la justice pour l'exercice de la police judiciaire, et du ministre de l'intérieur pour la police administrative.
L'article 5 du dahir n° 1-12-50 du 10 mai 2013 a confirmé cette position en droit positif : il range la Gendarmerie royale parmi les composantes des Forces armées royales, aux côtés de l'armée de terre, des Forces royales air, de la Marine royale et de la santé militaire.
Conséquence pratique pour un candidat : la Gendarmerie royale est une composante des Forces armées royales, mais les concours d'engagement sont distincts, chacun avec son propre portail. La formation des gendarmes, elle, se déroule dans un établissement créé par un texte : l'École royale de gendarmerie, créée et organisée par le décret n° 2-95-29 du 26 février 1999. Voyez les concours des Forces armées royales si c'est de ce côté que vous vous dirigez.
Ce qu'aucun avis officiel ne publie
Soyons directs sur ce point, car c'est là que prospèrent les mensonges. Les avis officiels ne publient pas de note d'admission, ni d'annales, ni de programme des épreuves, ni de rémunération, ni de taux de réussite. Qui vous vend l'un de ces éléments comme « officiel » vous vend ce que l'administration n'a pas publié.
Il faut noter également ce que l'avis ne mentionne pas : aucun montant, à aucune étape. L'inscription est en ligne, les deux pièces sont téléversées, la convocation arrive par e-mail. Toute demande de paiement se situe donc hors de la procédure publiée — et nous le disons comme une déduction tirée du texte de l'avis, non comme une mise en garde officielle : au 2 août 2026, aucun communiqué officiel publiquement consultable ne traite le sujet.
Enfin, le portail national de l'emploi public inscrit sur chaque fiche de concours : « Ce formulaire est réservé aux demandes d'informations. Il ne permet pas de déposer une candidature. » Le dépôt se fait sur le site de l'administration, et sur lui seul.